04.05.2009
Finis les labours
Il est toujours intéressant pour le rat des champs, habitué à parcourir journellement la campagne avec son chien, de recevoir ses amis rats des villes. Leurs étonnement à la vision de l'agriculture telle qu'elle se pratique aujourd'hui est sans borne. De la ferme à libre parcours avec ses robots de traîte automatique jusqu'aux cultures sans labourage il est vrai que beaucoup de traditions sont remises en question. Les jeunes agriculteurs d'aujourd'hui sont sans complexe, prévoyant leur futur dans un monde économique compliqué, engagés dans la perspective d'une agriculture durable, ils investissent, avec courage et intelligence dans de nouvelles techniques avec tous les risques que cela comporte. L'agriculture sans labourage avec semis direct est l'une de ses techniques.
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13.01.2009
Souveraineté alimentaire et maîtrise technologique
Dans un document daté du 6 janvier 2009, le Conseil d'Etat Neuchâtelois propose en effet au Grand Conseil de déclarer le canton "canton sans OGM" soit en substance : "Dans les limites de la législation fédérale, l'Etat veille à assurer la souveraineté alimentaire en excluant les organismes génétiquement modifiés de la production des aliments, des végétaux et des produits destinés à protéger les plantes et soigner les animaux".
Dois-t'on voir là la patte de Fernand Cuche, ancien dirigeant d'Uniterre et anti-OGM notoire, ou est-ce pire? Ne soyons pas trop pessimiste. Saluons tout d'abord l'intelligence des autorités neuchâteloises qui se gardent de tomber dans le piège (tendu par Greenpeace - voir ICI) et affirment clairement que "Aucune altération tangible de la santé par l'ingestion d'aliments provenant de plantes ou d'animaux OGM n'est démontrée aujourd'hui, même sur une durée de 30 ans. La crainte d'altérer sa santé par la consommation de produits OGM est sans réel fondement .......". En ce qui concerne les risques environnementaux supposés des OGM, le canton s'en remet à la législation fédérale. Tout cela est fort bien et l'on sent que le Conseil d'Etat a écouté les scientifiques de son Université (qui est aussi le siège d'un pôle national de recherche sur les végétaux).
Paradoxalement, c'est la notion de souveraineté alimentaire qui est au centre de l'argumentation. En faisant sienne les positions du lobby anti-OGM le gouvernement neuchâtelois utilise un argument répété "ad nauseam" par celui-ci, à savoir que Monsanto et autres Syngenta, vont détruire notre agriculture et par leur position monopolistique mettent en danger le "libre accès aux semences". Cet argument est de nature strictement idéologique & dogmatique et ne résiste pas à l'analyse de la situation suisse en particulier.
Assurer une souveraineté alimentaire consiste en la maîtrise de toute la chaîne de production alimentaire. Il s'agit de rendre notre agriculture la plus performante possible et capable d'assurer une production de qualité et ceci, en quantité suffisante. La maîtrise des méthodes de la sélection végétale et en particulier des méthodes de production de plantes génétiquement modifiées est donc une nécessité. En proposant de supprimer l'option OGM un gouvernement prive donc ses agriculteurs de l'accès à l'une des méthodes les plus efficaces et prometteuse de sélection végétale, sans leur offrir de contrepartie. Le mythe des semences de ferme, à savoir les semences produites par l'agriculteur lui-même, a la vie dure. Aujourd'hui l'agriculteur dépend déjà du sélectionneur qui, lui dépend des généticiens et autres spécialistes de haut-niveau. Semer ses propres semences d'année en année, n'est plus, sauf rares exceptions, une option valable pour l'agriculteur contemporain.
A quoi se sont donc acharnés les milieux anti-OGM suisse de tout poil ces dernières années? A décourager tout investissement dans la recherche publique sur les OGM, à empêcher par tout les moyens, les chercheurs des Stations de Recherche Agronomique, de l'EPFZ et des Universités de développer des plantes résistantes aux maladies (pomme-de-terre, blé). Ils ont conspués nos collègues de l'EPFZ qui ont développé le riz-doré enrichi en pro-vitamine A. On veut nous faire croire aujourd'hui que nous sommes le jouet des multinationales, mais nous l'avons bien cherché. A force de créer des obstacles de plus en plus insurmontables pour la recherche publique, nous avons en effet mis notre avenir en danger.
Nous avons encore le potentiel de recherche agronomique suffisant et nous pouvons le mettre à disposition des besoins de l'agriculture, encore faut-il ne pas fermer toutes les portes. La proposition du gouvernement neuchâtelois va malheureusement dans ce sens: elle est d'un autre âge.
08:55 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, neuchâtel, semences, agriculture, biotechnologie
05.12.2008
Une ville et ses musées
Si il a y eu probablement quelques citoyens pour refuser le projet de musée cantonal des Beaux-Arts pour des raisons de coût, il faudra bien admettre dans l'analyse du vote de ce week-end que ceux qui ont voté non au projet de Bellerive veulent un musée de beaux-arts digne du canton de Vaud, mais surtout une remise à plat du concept et une mise en route du projet de grand Rumine et d'aménagement de la zone nord de la place de la Riponne et du triangle de la place du Tunnel. L'aberration urbanistique que constituait la construction d'un musée sur les rives du lac doit être reconnue et assumée par les autorités cantonales. L'aménagement, au centre ville, d'un vrai musée ressort comme une évidence. Que cela pose quelques problèmes architecturaux et peut-être financiers, ne constitue pas une excuse. Il serait mal-venu maintenant de ne pas mettre une priorité absolue à une étude sérieuse.
Le climat de méfiance qui s'est instauré durant la campagne, où l'on a vu autorités, partis politiques, et autres bien pensants affirmer tout haut qu'il n'y avait qu'une seule solution, que la culture était en péril et autres fariboles, est bien lié à l'arrogance et au mépris du dialogue instauré par les partisans du projet officiel. Ceci ne peut pas continuer. L'alternative centre ville doit être étudiée sérieusement, en priorité, avec un engagement des autorités politiques et des partenaires culturel; laisser entendre que l'on va immédiatement étudier une nouvelle solution pour Bellerive sera contre productif et risque bien d'amener à un nouvel échec.
Lausanne possède à un jet de pierre de son centre (Riponne) nombre de musées de valeur (Fondation de l'Hermitage, Musée de l'Art Brut, Musée Historique, MUDAC, Musée Arlaud, Rumine etc ...); la zone nord de la Riponne où siège le département vaudois des infrastructures est urbanistiquement moribonde. Il existe des projets de tramways et des intentions d'aménagement de ce no man's land urbain. Il existe aussi des visions autrement plus réalistes, culturellement intéressantes que celle d'un bétonnage des rives du Léman. Que l'on enterre donc cette dernière illusion et que l'on passe aux choses sérieuses.
12:16 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musée, culture, urbanisme, art


